Les banques de gènes

Une banque de gènes est un dispositif de conservation de matĂ©riel gĂ©nĂ©tique, qu’il s’agisse de plantes ou d’animaux. Dans le cas des plantes, cela peut se faire par la congĂ©lation de boutures prĂ©levĂ©es sur la plante, ou de graines. Dans le but de conserver la biodiversitĂ© agricole, les banques de gènes sont utilisĂ©es pour stocker et conserver les ressources gĂ©nĂ©tiques des principales plantes cultivĂ©es et des espèces sauvages apparentĂ©es.
Dans la région du Sahel, la banque de gènes de Pobé Mengao (Province du Soum) est une pratique qui consiste à conserver les semences des variétés locales de maïs, de sorgho, de mil, de niébé et d’arachide. Ces semences sont conservées dans des bocaux en verre, dans la poterie ou à l’air libre, à l’abri des insectes parasites. Ces semences sont renouvelées tous les trois ans afin de garantir leur pouvoir germinatif. Le but principal de cette pratique est la conservation des variétés locales dans la perspective de leur utilisation par les instituts de recherches à des fins d’amélioration génétique. C’est donc une pratique par excellence de conservation de la biodiversité.

La culture biologique

Le système de production biologique se base sur des approches privilégiant une production durable, plutôt préventive que curative qui vise à rétablir un écosystème agricole saint. Le mode de production interdit strictement l’utilisation d’engrais et pesticides  chimiques de synthèse, de même que l’utilisation des semences de coton génétiquement modifiées.

Elle préconise (i) une gestion naturelle de la fertilité des sols et de la nutrition des cultures, les stratégies principales étant l’apport de la fumure organique, la rotation des cultures et des cultures intercalaires, des aménagements antiérosifs et de conservation des eaux (ii) la gestion naturelles des ravageurs et maladies, qui se base sur une prévention systématique, la lutte biologique contre des ravageurs et la surveillance permanente des cultures

L’irrigation goutte à goutte

La micro-irrigation, Ă©galement connue sous le nom de « goutte Ă  goutte », est une mĂ©thode d’irrigation utilisĂ©e en zone aride car elle rĂ©duit au minimum l’utilisation de l’eau et de l’engrais. L’eau s’Ă©goutte lentement vers les racines des plantes soit en coulant Ă  la surface du sol soit en irriguant directement la rhizosphère par un système de tuyaux.

Cette technique est l’innovation la plus importante dans l’agriculture depuis l’invention des asperseurs dans les annĂ©es 1930, qui avait dĂ©jĂ  remplacĂ© Ă  l’Ă©poque une irrigation nĂ©cessitant trop d’eau.

La micro-irrigation est employĂ©e presque exclusivement en utilisant de l’eau potable, l’utilisation d’engrais en surface est parfois inefficace, ainsi les systèmes de micro-irrigation mĂ©langent souvent de l’engrais liquide ou des pesticides Ă  l’eau irrigation. D’autres produits chimiques tels que le chlore ou l’acide sulfurique sont Ă©galement utilisĂ©s pour nettoyer pĂ©riodiquement le système.

Plusieurs techniques de micro-irrigation permettent de faire d’importantes économies d’eau. Les techniques de micro-irrigation sont des techniques qui augmentent l’efficacité d’utilisation de l’eau.  Dans la micro-irrigation, une petite quantité d’eau est appliquée à intervalles réguliers à l’endroit où les racines sont concentrées. Le système de miro-irrigation le plus commun est l’irrigation goutte-à-goutte.

 

Maraichage-arboriculture

La pratique du maraichage associé à l’arboriculture est une technologie intégrée de production agricole et sylvicole. Elle associe la culture maraichère à l’arboriculture qui peut être un verger ou un parc agroforestier constitué d’espèces utilitaires. La pratique du maraichage associé à l’arboriculture est une forme de maraichage qui associe l’arbre au potager.

La pratique consiste à installer un périmètre maraicher et y planter des espèces fruitières comme le manguier, le baobab, le goyavier, le Moringa, etc. L’on peu également installer un brise-vent ou une haie vive autour du périmètre dans un but de protection contre l’intrusion des hommes ou des animaux, contre les vents violents. Le microclimat crée par la présence des espèces ligneuses favorise la croissance des cultures maraichères.

La contribution de cette pratique à la réduction des effets du changement climatique peut être améliorée en renforçant les compétences techniques des producteurs, facilitant l’accès au crédit, en utilisant des semences améliorées et en développant les aménagements des sites appropriés.

La petite irrigation

Description de la pratique :

L’objectif principal de l’irrigation à petite échelle ou « Petite irrigation »  est d’adapter le système d’irrigation aux conditions socio-économiques des petits producteurs avec des pratiques et équipement s à faible coût. L’économie de l’eau en irrigation est essentielle dans la gestion de l’irrigation à petite échelle au regard du fait que l’irrigation consomme beaucoup d’eau dans un contexte de rareté que peut induire le changement climatique et qu’à petite échelle, la mobilisation de l’eau reste une contrainte majeure pour les producteurs.
Les sources d’eau pour l’irrigation peuvent être des rivières, des lacs, des eaux souterraines ou des eaux recueillies à travers des systèmes de collecte des eaux de pluies. L’exhaure de l’eau peut se faire à travers des pompes manuelles, à pédales ou motorisées.

L’aménagement des bas fonds

Description de la pratique :

L’aménagement des bas-fonds est une pratique de gestion améliorée des zones inondables à des fins d’exploitation agricole (pluviale ou contre-saison). Elle contribue à l’adaptation à la variabilité pluviométrique à travers l’optimisation des ressources en eau des bas-fonds.
Elle permet d’atténuer la dégradation des terres, d’accroitre la disponibilité des terres et leur productivité et de lutter contre l’érosion hydrique.

Sa réalisation nécessite de disposer de bas-fonds aménageables, des compétences techniques d’exploitation. Sa contribution à l’adaptation aux changements climatiques peut être améliorée par des aménagements antiérosifs en amont du bas-fond en y associant la végétalisation des berges avec des espèces arbustives ou herbacées comme Euphorbia balsamifera, Jatropha curcas, Vetivera nigricans.

L’utilisation de semences améliorées

Au Burkina Faso, les céréales, mil, sorgho, maïs, fonio et riz constituent les cultures vivrières traditionnelles et occupent environ 88% des surfaces cultivées. Toutefois, la production totale reste faible et n’arrive pas à couvrir les besoins des populations.

D’une manière générale, l’agriculture Burkinabè est insuffisamment performante, utilisant peu de semences améliorées, d’engrais et d’autres intrants modernes. Elle est dépendante des aléas climatiques et les sols sont en majorité pauvres ce qui contribue à la faible productivité de l’agriculture.

L’utilisation de semences améliorées consiste à adapter le cycle des semences aux conditions des zones écologiques. Dans les régions du Plateau Central, du Centre Nord, du Nord et du sahel, les spéculations les plus concernées sont le sorgho, le mil, le sésame, le niébé et les arachides.

Cette pratique permet de s’adapter à la baisse continue du nombre de jours de pluie et de la quantité d’eau. Sa réalisation implique des travaux de recherche variétale en station, puis en milieu réel, avant l’obtention de la semence variétale.

La Gestion Intégrée de la fertilité des sols

La gestion intégrée de la fertilité des sols est une approche dont l’application doit prendre en compte :

L’utilisation du compost, du fumier ou d’autres ressources organiques d’origine végétale ou animale est essentielle en matière de gestion intégrée de la fertilité des sols.
L’utilisation des fertilisants minéraux notamment des engrais qui permettent d’améliorer le niveau de disponibilité des éléments nutritifs et compenser les points faibles des amendements organiques. Les techniques actuelles de micro-dose sont une méthode qui permet aux cultures de mieux valoriser les engrais en évitant la pollution de l’environnement à un coût relativement bas pour les producteurs. Cela consiste à utiliser de petites quantités d’engrais dans les poquets ou trous de plantation des cultures pendant le semis ou après la levée.

L’intégration des légumineuses fixatrices d’azote : Les légumineuses fixatrices d’azote utilisées comme plantes de couverture permettent de fixer l’azote atmosphérique dans le sol et favorise la protection de la surface du sol contre les intempéries. L’utilisation des légumineuses renforce les processus biologiques du sol et est une source importante d’azote qui permet de réduire les quantités d’azote provenant des engrais chimiques.

L’intégration des mesures de conservation des eaux et des sols : Les mesures de conservation des eaux et des sols permettent de lutter contre la dégradation des sols, renforcent leur structure physique et limitent la perte des nutriments des plants avec comme conséquences une amélioration de la performance des autres mesures entraînant une augmentation significative des rendements.

La micro dose

Les objectifs principaux de la micro dose est d’accroître et stabiliser la production, les revenus agricoles des ménages et la sécurité alimentaire et d’aider les agriculteurs à mieux gérer la base de ressources naturelles par le biais d’adduction de technologies nouvelles.

La technologie du micro dosage d’engrais est fondée sur l’application de petites quantités d’engrais pour les plantes de cultures sur les coteaux renforçant de ce fait l’utilisation efficace de l’engrais et améliorant les rendements tout en minimisant le coût des intrants.

La contribution de la technologie de la micro dose à la gestion durable des terres et à la conservation de la biodiversité pourrait être mitigée à cause de l’usage des engrais chimique, par contre son action en matière d’adaptation aux changements climatiques est indéniable. En effet, la micro dose permet aux spéculations d’avoir une croissance normale et les rendements sont significativement augmentés.

Le compostage

La plus grande partie des sols au Burkina Faso ayant un taux de matière organique inférieur à 1 %, la fabrication et l’utilisation de la matière organique revêt une importance particulière. Le compostage consiste en l’édification d’un tas de couches successives de matières végétales et de déjections animales qui peut s’effectuer au dessus du sol (compostage en tas) ou dans une fosse (compostage en fosse).

Les différentes couches sont : une couche de matière végétale (tiges, paille, broussaille, etc.) d’environ 10-15 cm ; une couche de matière animale d’environ 7 cm ; arroser avant l’adjonction de phosphate naturel (Burkina phosphate) ou cendres (1 kg). On obtient ainsi la première couche. L’opération est répétée quatre à cinq fois pour obtenir un tas ayant environ 0,8 à un mètre de hauteur qui est recouvert de paille pour réduire le dessèchement du tas. Pour le compostage en fosse, la taille classique vulgarisée est de3 mx3 mx1 mavec la construction du bord de la fosse avec des briques ou moellons de 20 cm d’épaisseur pour éviter le remplissage de la fosse par des eaux de ruissellement.