La protection des oiseaux migrateurs

La migration des oiseaux est un mouvement régulier et saisonnier observé chez de très nombreuses espèces d’oiseaux. Ce déplacement est, par exemple, une manière pour ces espèces d’échapper à un changement d’habitat ou une baisse de disponibilité de nourriture liée aux rigueurs d’un climat défavorable, mais est aussi une maximisation des chances de reproduction.

L’espace de la mare d’Oursi est un marécage de 45 000 ha, surexploité et en état de dégradation avancée. L’ornithologue amateur admire des grues couronnées et des marabouts d’Afrique au ventre blanc, des canards cendrés et armés, des aigrettes et des dendrocygnes.
La protection des oiseaux et de la mare justifie en grande partie l’intervention de Naturama qui bénéficie du soutien de plusieurs partenaires extérieurs dont les plus importants sont le Fonds mondial pour la nature (WWF-France), BirdLife International, et VBN, une ONG des Pays-Bas, d’où viennent nombre de migrateurs. Un plan d’aménagement et de gestion est en préparation pour réhabiliter entièrement le milieu. Il permettra de curer la mare, d’intensifier la plantation d’arbres et d’assurer une exploitation rationnelle du site, y compris par le développement du tourisme de vision.

Dans le cadre du suivi, la technique du baguage des oiseaux est la plus utilisée.

Le traitement des ravines

Le traitement de la ravine est l’opération qui consiste à tapisser les parois ou à constituer une barrière partielle sur la ravine et en faire un barrage au passage de l’eau à un niveau de la ravine pour faciliter son comblement rapide afin de récupérer la terre emportée par l’érosion. Les principales techniques utilisées sont les seuils en pierres et les sacs en terres. Pour corriger la ravine, les dispositifs doivent être installés à partir de sa tête. Une ravine se développe toujours d’une manière régressive. Au début, sa taille et sa profondeur ne sont pas importantes mais peuvent devenir désastreux après quelques années. Les dispositifs, fascine ou empierrement, que l’on met en place doivent alors freiner ce mouvement régressif et fixer les parois. La végétalisation des ravines : c’est une étape fondamentale qui précède le traitement des ravines. L’utilisation de la végétation assure la stabilisation finale de ces ravines. Il s’agit d’une part de fixer les sédiments dès qu’ils se sont déposés grâce à des herbes à rhizomes qui suivent progressivement l’élévation des sédiments; l’usage de lignes continues serrées d’arbustes sur les flancs de la ravine permet de recentrer les écoulements. D’autre part, dès qu’un volume suffisant de terre est rassemblé, on peut planter en bordure de la ravine, des grands arbres produisant du fourrage, des fruits ou du bois noble qui vont stabiliser les versants. Sur les flancs des ravines, il sera souhaitable de rechercher les espèces les mieux adaptées et les plus productives. En bordure de ravine, une ligne d’arbres et un tapis herbacé peuvent servir à isoler ce milieu qui reste toujours fragile.

Le parc agroforestier à Baobab

C’est une pratique similaire au zaï forestier.  Les graines de baobab sont récoltées dans toutes les localités où elles peuvent être trouvées. Lors des semis des céréales en début de saison pluvieuse, les graines de baobab sont semées simultanément avec les semences de céréales. La fumure organique est nécessaire à une meilleure germination et développement des plantules de baobab. Les jeunes plantules de baobab sont entretenues en même temps que les cultures de céréales. A la récolte des céréales, le champ est interdit à la fréquentation du bétail pour empêcher le broutage et le piétinement des jeunes plantules de baobab. L’opération de semis est répétée les années suivantes afin d’obtenir la densité de pieds de baobab souhaitée.  Dès la cinquième  année, les plants de baobab sont suffisamment grands (2m) pour s’affranchir de la dent et du piétinement du bétail.

La mise en place d’un arboretum

La pratique de l’arboretum consiste à réserver un espace dans le quel sont plantées des essences forestières ou bocagères caractéristiques d’un milieu ou d’une région déterminée, généralement dans le but d’éducation environnementale.

Sa réalisation nécessite l’identification de site et des espèces à planter et/ou protéger, la formalisation juridique du site, les connaissances en aménagement de tels espaces et un système d’exploitation et d’entretien du site.

La valorisation de Piliostigma reticulatum (Bagen-dagha en Mooré)

Piliostigma reticulatum est un arbuste qui abonde dans les jachères de la zone nord soudanienne et sahélienne. Elle rejette abondamment de souche et résiste au stress hydrique. C’est une légumineuse dont les gousses sont de plus en plus utilisées dans l’embouche.

La pratique consiste à réaliser une régénération naturelle assistée de l’espèce, cela peut être renforcé par le semi de graines dans les poquets de Zaï par exemple. Lorsque la plante passe du stade d’arbrisseau au stade d’arbuste, sa production s’augmente. Les gousses conservées sur pied jusqu’à maturité sont ensuite récoltées, broyées et transformées en tourteaux pour les animaux.

L’arbuste est facile à entretenir car elle résiste aux conditions extrêmes et subie une faible pression des animaux car les feuilles ne sont pas appétées.

La RNA (Régénération Naturelle Assistée)

C’est une approche agro-forestière dont le but est de provoquer ou de stimuler la régénération naturelle d’espèces ligneuses à buts multiples et / ou leur développement et leur intégration dans l’espace agricole (champ) de façon qu’elles puissent augmenter le rendement total de cet espace. Il s’agit de semer les graines des espèces désirées dans le champ et entretenir les plantules obtenues. La même assistance est apportée aux plantules provenant de la germination des graines tombées des arbres, amenées par l’eau et le vent ou contenues dans les fèces des animaux. La scarification du sol sous les semenciers ameublit le sol et favorise la germination et la croissance des plantules

La mise en défens

La mise en défens est une pratiques de protection d’un  territoire ou d’une parcelle contre l’homme et/ou les animaux domestiques (pâture, feu de brousse, coupe de bois, etc.). Ce territoire ou parcelle peut être une jachère ou non. Elle participe à la restauration et protection des sols, la réduction du ruissellement et de l’érosion, la restauration de la végétation naturelle. Sa contribution à la réduction des effets du changement climatique se situe au niveau de l’adaptation à travers sa capacité à réduire les effets des fortes pluies (érosion, battances, etc.) tout en améliorant le bilan hydrique du sol en cas de sécheresse, et au niveau de l’atténuation à travers sa capacité à stocker du carbone.

Les conditions de sa réalisation incluent le ciblage de l’espace à protéger, l’identification des espèces à régénérer et les bénéfices attendus, les connaissances en techniques de plantation et d’entretien des arbres, la disponibilité des petits équipements et l’adoption de règles de gestion simples.

Cette pratique peut être améliorée en y associant des cordons pierreux, la scarification du sol, la réalisation de demi-lune et le reboisement complémentaire.

Par ailleurs, l’installation d’une mise en défens requiert un processus plus ou moins long de négociation entre les communautés riveraines, communautés qui, le plus souvent, sont en compétition pour l’utilisation de l’espace.

La haie-vive

La haie vive défensive est un alignement d’arbustes aux branches inextricables permettant d’empêcher le passage des animaux.

L’objectif est la protection des parcelles de production (périmètres maraichers, vergers, plantation, pépinière, etc.) contre les animaux en divagation.

Dans la mise en place de la haie, il est généralement recommandé trois modes de plantation qui sont :

-        les semis directs : certaines espèces peuvent être semées directement dans des poquets réalisés à cet effet (Acacia senegal, Acacia nilotica, Acacia seyal, etc). Euphorbia balsamifera, Jatropha curcas, Commiphora africana, etc poussent mieux dans les cas de bouture ;

-        à partir de plants produits en pots : c’est le mode d’installation de la haie vive défensive le plus pratiqué avec des taux de réussite souvent très élevés.

L’entretien de la haie consiste à une taille régulière pour favoriser le développement des rameaux à la base. La taille peut s’effectuer deux fois par an (en fin de saison sèche et en fin de saison des pluies). Les résidus de la taille peuvent être utilisés pour fermer les brèches ou peuvent être utilisés comme fourrage.

Le reboisement

Il s’agit des plantations dans les champs, le long des diguettes, le reboisement sous forme de bois de village et les haies vives autour des périmètres maraîchers. Les plantations sous forme de bois de village se font collectivement. Dans les champs, le reboisement se fait par collectivité (champs collectifs) ou individuellement (champs individuels). Les espèces utilisées sont issues des pépinières villageoises mises en place par les différents projets de développement.

Lorsque la plantation est effectuée dans le but de reconstituer une forêt dégradée, il s’agit de reforestation. Lorsqu’elle est effectuée en zone vierge, il s’agit d’afforestation.  Sa mise en œuvre nécessite la production de plants et leur plantation sur les sites choisis suivant un bon choix des espèces en fonction des besoins et des techniques de plantation appropriées. Cette pratique peut être largement améliorée dans les régions du Plateau central, du Centre Nord, du Nord et du Sahel par la scarification du sol, l’association avec des demi-lunes, le Zaï forestier et la réalisation de pare-feu autour de la zone reboisée.

. Les principales espèces utilisées sont entre autres : Acacia nilotica, Faidherbia albida, Eucalyptus camaldulensis, Acacia macrostachya, Leuceana leucocephala, Ziziphus

mauritiana, Parkia biglobosa, Parkinsonia aculeata, Bauhinia rufescens, Magifera indica, Prosopis juliflora, etc.