Présentation

Le Burkina Faso, pays sahélien est soumis depuis plusieurs décennies à une forte dégradation de ses ressources naturelles, limitant ainsi le développement des productions agro-sylvopastorales (Pontanier et al. 1995 ; Thiombiano, 2000). Le pays connaît des conditions climatiques précaires, une croissance démographique relativement élevée et une baisse continue de la fertilité des sols.

Le climat du pays est caractérisé par des sécheresses récurrentes et les moyennes pluviométriques annuelles connaissent une diminution globale. Ainsi, les moyennes inter annuelles de la zone soudano-sahelienne, supérieures à 700 mm avant 1966, n’ont été que de 424 mm sur la période 1982-1986 (Lamachère et Serpantié, 1992). Cet état de fait place les producteurs dans un cercle vicieux : la baisse de la fertilité des sols, ellemême étant la conséquence des pratiques culturales extensives et du faible niveau de technicité dans l’agriculture ; le faible niveau de technicité qui ne permet pas d’exploiter tout en préservant les capacités productives (fertilité du sol notamment) mais qui, à lui seul influence négativement le rendement des cultures à long terme ; les pratiques culturales extensives souvent dues au faible niveau de technicité sont consommatrices de ressources par unité de terre exploitée.

Cette situation est encore plus prononcée dans la partie sahélienne et soudano sahelienne du pays où on note une dégradation continue du couvert végétal et des ressources en terres conduisant à la formation de glacis dénudés et dégradés appelé « zipellé » (en langue locale moré), à des proportions inquiétantes. En effet, selon une évaluation de l’INERA (1994), environ 24% des terres arables du Burkina Faso sont fortement dégradées entraînant ainsi une réduction de la surface agricole utile par tête et une utilisation des terres marginales. Dans cette zone où la densité de population est forte et où la charge animale est importante (paradoxalement, l’élevage y est beaucoup développé), les terres cultivables se sont raréfiées de façon progressive (Marchal, 1982).

La relative faiblesse des résultats de certains projets de développement se traduit par le manque d’entretien des ouvrages déjà réalisés ou par la non-adoption individuelle ou collective des techniques par les populations, imputables à des circonstances socioéconomiques défavorables. En tout état de cause, les résultats plus ou moins mitigés des projets de lutte contre la désertification montrent que les objectifs n’ont pas toujours été atteints.

C’est dans l’optique de créer un environnement approprié permettant la mise en œuvre de stratégies de lutte plus efficaces que le Projet de capitalisation de bonnes pratiques et de partage d’expériences des ONG et Associations de développement dans les domaines de la gestion durable des terres, de l’adaptation aux changements climatiques et de la conservation de la biodiversité a été initié. L’un des objectifs majeurs du projet est de valoriser le potentiel identifié en matière de bonnes pratiques dans les trois (3) domaines sur la base d’une typologie et de constituer une base de données d’informations pour une meilleure capitalisation dans les trois domaines.

La réalisation des fiches techniques ci-dessous entre en droite ligne de l’atteinte de cet objectif. Les fiches techniques ci-dessous sont conçues pour servir de guides techniques dans le cadre des stratégies de vulgarisation des technologies innovantes en matière de gestion durable des terres, de l’adaptation aux changements climatiques et de la conservation de la biodiversité.